KELLY COSTIGLIOLO EXPOSE
Actualité publiée le 2 mars 2015

Affiche

MEKATILILI WA MENZA UNE DANSE POUR LA LIBERTE

« Si vous n’ écrivez pas votre histoire, d’autres le feront pour vous et la façon dont ils la feront sera
toujours de leur point de vue.
Ce sont généralement les vainqueurs qui écrivent l’histoire, ce qui est particulièrement vrai dans ce pays, où l’organisation politique et sociale a été modélisée par d’autres. Les hommes sont à la recherche d’une identité nationale, d’une âme nationale, auxquelles ils peuvent s’identifier pour savoir d’où ils viennent . Aussi, des hommes et des femmes se sont sacrifiés pour que ce pays soit ce qu’il est aujourd’hui »

Bungale est une ville située dans le district de Malindi au Kenya, sur la route des safaris.
Ici, entre le 12 et le 15 août le peuple Giriama (un sous­groupe des peuple Mijikenda) en collaboration avec MADCA, (Malindi District Cultural Association) une association culturelle qui s’occupe d’organiser l’événement chaque année, célèbre Mekatilili Wa Menza, la jeune femme guérillero, qui leurs a liberés de la colonisation anglaise. Le jour exact de sa naissance est inconnu, mais on sait qu’elle est née dans les années 1840, pendant la période coloniale, quand les anglais ont commencé à installer leur gouvernement au Kenya.
Mekatilili Wa Menza a été l’unique femme Giriama à avoir résisté.
Elle considérait le travail forcé non payé ainsi que le manque de respect des cultures locales comme une forme d’esclavage.
C’est avec bravoure qu’elle affronta le danger physique et l’emprisonnement : elle dénonça les chefs locaux qui coopéraient avec les colonisateurs et concentra ses efforts autour de la mobilisation des femmes, les encourageant à refuser d’envoyer leurs fils se battre pour les Britanniques pendant la Première Guerre Mondiale.
Il n’existe malheureusement que peu des textes de cette époque traitant des expériences vécues par les femmes pendant les
luttes anticoloniales.
Entre le 1913 – 1914 Mekatilili Wa Menza a combattu et dirigé le peuple Giriama pour la culture, pour essayer d’unir les peuples.
Ce qu’elle faisait, c’était danser. Elle utilisé la danse pour convaincre les personnes à résister et à refuser les règles des blancs.
Capturée et déportée à Mumias avec Wanje Mwadorikola en Octobre 1913, les deux ont été condamnées à cinq ans de détention mais elles parviennent à s’évader pour continuer la résistance.
Capturées une nouvelle fois au nord de la Somalie, elles s’échappent encore.
Cependant elles demanderont une trêve au gouvernement, qu’ils obtiendront.
Après l’installation à Malindi, Mekatilili Wa Menza retournera au Bungale, où elle meurt en 1925 à l’âge de 70 ans. Elle a été reconnue comme la première “Mashujaa” (héroïne) le 20 Octobre 2010, jour où sa statue a été érigée dans les Uhuru Gardens à Nairobi.
Même s’il n’y a pas beaucoup d’informations sur elle, la communauté a décidé de raconter cette histoire et de transmettre les idéaux de Mekatilili Wa Menza, qui restent essentiels à la communauté. Il s’agit cette fois d’une lutte pacifiste.

 

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