Visée optique ou électronique, quelles différences ?
18 janvier 2024

On ne photographie pas au hasard sans choisir son point de vue et sans cadrer précisément les éléments qui figureront sur les images. C’est pourquoi il est indispensable qu’un appareil photo dispose d’un système de visée. De la technologie et des spécifications de ce viseur dépendent sa précision et son confort. 

 Visée optique ou électronique, quelles différences ?

©pexels

Les types de viseurs 

 

Les viseurs des appareils photo peuvent être de deux types : optique ou électronique. Les premiers sont les plus anciens et ont équipé les appareils photos pratiquement depuis leur création. Car si les chambres photographiques affichaient déjà l’image sur le dépoli du corps arrière, cette dernière était inversée et occultée par l’insertion du châssis contenant le plan film, ce qui limitait donc la réactivité du photographe.  

Des viseurs additionnels, amovibles ou non, ont alorsété produits pour permettre une visée constante et conforme à la réalité. On parle de « viseurs clairs » reposant sur une formulation optique en deux à cinq lentilles en moyenne, dont la focale est fixe mais dont le champ peut légèrement excéder celui photographié. Ce qui permet de voir arriver son sujet et de déclencher au moment opportun.  

Le problème de ces viseurs réside dans leur cadre qui n’est pas forcément celui de l’objectif utilisé et dans leur placement sur le haut ou sur le côté de l’appareil entraînantun phénomène de parallaxe : lorsque le sujet est proche, un décalage peut être visible entre le cadrage choisi dans le viseur et celui réellement photographié par l’appareil. Il est compensé dans les Leica à visée télémétrique par un déplacement, en fonction de la distance de mise au point, du cadre matérialisant le champ photographié.Ces systèmes de visée intègrent également un mécanisme d’aide à la mise au point. Reste qu’ils sont complexes. 

 

Le début des reflex 

 

Rapidement, les appareils photo ont intégré des systèmes de visée reflex TTL, c’est à dire Though The Lens, au travers de l’objectif. Dans les premiers appareils bi-objectifs comme les Rolleiflex, un miroir à 45° permettait de redresser l’image de haut en bas dans le viseur, mais ne corrigeait pas le phénomène de parallaxe puisqu’un objectif était utilisé pour la visée et l’autre pour exposer l’image.  

Ce n’est que lorsque ce miroir est devenu mobile pour se relever au moment de l’exposition que la visée reflex est devenue TTL et donc plus fiable en termes de cadrage, la visée et la prise de vue se faisant au travers du même objectif. Sur les appareils que l’on a ensuite qualifiés de reflex, un pentaprisme, ou un pentamiroir sur les modèles moins haut de gamme, a été ajoutésur le dessus pour redresser l’image de gauche à droite et offrir une visée plus confortable et réactive.  

Des caractéristiques optiques du viseur et de son oculaire dépendent alors son champ de couverture, de 100 % sur les meilleurs à 95 % sur les systèmes plus grand public, son grossissement, son dégagement et sa luminosité, sachant que les oculaires disposent généralement aussi d’un correcteur dioptrique utile aux porteurs de lunettes. Parce qu’elle est fluide et naturelle, la visée optique possède toujours ses adeptes. Mais elle s’avère moins riche de fonctionnalités que celle qui lui a succédée : la visée électronique. 

 

L’ère du numérique et des hybrides 

Il faut évidemment attendre l’avènement du numérique et les progrès de l’électronique pour qu’apparaisse la visée électronique sur les appareils photo. Dans un premier temps, cette visée s’est faite sur l’écran situé à l’arrière. Dans un reflex, elle a été qualifiée de Live View et était accessible après que le miroir a été relevé pour libérer l’accès au capteur principal.  

Par la suite, les appareils compact, bridge et les hybrides ont en plus intégré des viseurs électroniques équipés d’oculaires offrant un meilleur confort de visée par forte luminosité extérieure. La visée électronique repose sur l’affichage sur écran de l’image telle que vue par le capteur de prise de vue. Elle est donc nécessairement TTL et couvre 100 % du champ photographié.  

De plus, elle tient compte des réglages de l’appareil et affiche donc l’image telle qu’elle sera capturée en termes de densités – la visée électronique peut donc alerter sur une éventuelle sous ou surexposition – et de colorimétrie puisque affichée tient compte du réglage de la balance des blancs de l’appareil mais aussi d’un éventuel mode spécifique comme le noir et blanc.  

À cette visée peut également se superposer des informations utiles à la prise de vue comme un horizon artificiel, des lignes directrices ou des zébras d’exposition en vidéo. Reste que pour offrir un confort suffisant, la visée électronique doit reposer sur un écran performant de haute définition à la fréquence de rafraîchissement élevée. Pour ces raisons, certains photographes lui préfèrent donc toujours la fluidité des viseurs optiques. Mais l’évolution du matériel tend tout de même à rendre plus courantes les visées électroniques. 

 

 

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