ROGER BALLEN au mois de la photo
Actualité publiée le 19 novembre 2014

Artist © RogerBallen/courtesy Galerie Karsten Greve

UNE CERTAINE AFRIQUE DU SUD

Roger Ballen est géologue comme Sebastião Salgado est économiste. Comme le Brésilien, l’Américain s’est laissé détourner de sa vocation première quand, en mission en Afrique du Sud, il s’est intéressé aux classes les plus pauvres, dans lesquelles figurent autant de « petits blancs » que de noirs. Laissant l’étude des sols, il reprend son appareil photographique et réalise ses premières photographies de déshéritées qui feront l’objet de deux livres fondateurs, « Dorps » en 1986 et « Platteland » en 1994, qui prolongent une bibliographie entamée en 1979 avec Boyhood. L’abolition de l’apartheid en 1991 n’a pas supprimé la misère et les bidonvilles qui poussent autour de Johannesburg abritent ces déclassés et avec eux toute une faune de chiens de chats, de rats et d’oiseaux. Ballen y développe l’essai entrepris il y a une trentaine d’années pour réaliser d’étonnants portraits d’hommes avec leurs bêtes de cohabitation sinon de compagnie. Un travail toujours fort, dans un noir et blanc sévère que n’atténue jamais l’éclair frontal du flash.
Hervé Le Goff.
Roger Ballen. Asylum of the Birds.

Galerie Karsten Greve, 5, rue de Belleyme, Paris 3e, jusqu’au 3 janvier 2015

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