À quoi sert la gestion de la couleur ?
5 décembre 2023

Il n’y a rien de plus frustrant que de passer du temps à retoucher ses photographies, affiner leurs contrastes et leurs couleurs, pour qu’au final, elles ne s’affichent ou ne s’impriment pas comme on l’imaginait. Pour éviter ce désagrément, il faut adopter une démarche conforme aux règles de gestion de la couleur. 

Photo de couleurs

Les espaces colorimétriques 

Quoi que l’on fasse, tous les écrans ne possèdent pas le même espace colorimétrique, c’est à dire la même intensité lumineuse et la même variété de couleurs, et l’impression sur papier ne pourra pas reproduire toute la dynamique affichée sur un écran. Néanmoins, la gestion de la couleur en photographie permet d’en contrôler le comportement et de s’assurer qu’à chaque étape du flux de travail, on exploite au mieux les possibilités de chaque périphérique. 

Cette démarche commence dès la prise de vue, lorsqu’on photographie des sujets dont la justesse colorimétrique est primordiale – en reproduction de tableau, de document ou pour de la photo de produit par exemple. Ajouter une charte de couleur normalisée à de son sujet pour appliquer un profil de rendu garantissant une juste reproduction des couleurs est un premier pas dans un flux de travail cohérent. 

 

Les profils ICC 

L’étape suivante consiste à s’assurer que l’on utilise un écran fiable dans son affichage et que ses images apparaîtront correctement sur d’autres périphériques. Pour cela, il faut procéder au calibrage de l’écran, c’est à dire le placer dans des conditions optimales de luminosité et de contraste, et réaliser son profil colorimétrique, également appelé gamut, à l’aide d’un instrument de mesure : le colorimètre. En mesurant toute une série de plages colorées aux caractéristiques définies, le colorimètre et son logiciel attenant vont pouvoir comparer les couleurs affichées à celles attendues et dresser une table de correspondance appelée Profil ICC. 

Appliqué à l’écran, le profil ICC garantit donc une bonne justesse de l’affichage puisqu’il va corriger ses dérives et faire en sorte que les couleurs s’affichent comme elles le devraient. Reproduire cette étape de calibrage et de caractérisation est régulièrement nécessaire car dans le temps, les performances des écrans varient et le profil ICC permet de compenser ces décalages.  

D’autres profils ICC, appelés profils génériques ou espaces de travail et reconnus par tous les systèmes informatiques, sont ensuite appliqués aux images pour que quiconque dispose d’un écran calibré soit en mesure d’afficher correctement ces photos. 

Enfin, la même logique existe pour les systèmes d’impression. Car chaque support associé à une imprimante donnée ne possède pas le même gamut et ne pourra donc pas reproduire avec la même intensité des noirs profonds, des blancs neutres ou des rouges saturés. Le profil ICC de ce couple imprimante-support permettra alors d’anticiper sur le résultat en simulant à l’écran le rendu de l’impression – c’est ce que l’on appelle le profilage écran – et de convertir les données numériques de l’image de manière à obtenir un tirage parfaitement identique aux corrections apportées. Si elle peut sembler complexe au premier abord, la gestion de la couleur n’est donc qu’une succession d’étapes logiques et coordonnées basées sur la réalisation de profils colorimétriques de la capture, à l’affichage et à l’impression.  

 

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