Comment un jeune étudiant de Berkeley de 19 ans s'engage dans une démarche photojournalistique pour accompagner le combat de la minorité noire et plaider pour l'enfance déshéritée de certains quartiers de New York. C'est ce que raconte la rétrospective consacrée à Stephen Shames, depuis sa rencontre en 1966 avec Bobby Seale, le co-fondateur du Black Panther Party for Self Defense. Portraits, scènes de manifestations, stigmates de la répression policière, la documentation militante de Shames donne la représentation singulière d'une minorité qui associe à ses luttes des actions constructives pour un "vivre ensemble" élargi aux autres communautés, latinos ou asiates, et à toute l'Amérique, sur fond de la guerre du Vietnam et ses lourds contingents de tués. "Out of Dream", l'envers du rêve de toutes les vagues d'immigration, s'accompagne du travail de Shames sur les jeunes générations aux prises avec la drogue et la délinquance, rencontrées dans les rues du Bronx et jusque dans les centres de détention pour mineurs.
Hervé Le Goff
•Stephen Shames, Une rétrospective. Maison de la Photographie Robert Doisneau, 1, rue de la Division du Général Leclerc, 94-Gentilly. Du 11 octobre 2017 au 14 janvier 2018• Stephen Shames, collection « Carnet » de la Maison de la Photographie, texte : François Cheval, 60 pages 15x21cm, bilingue français - anglais, 5 €
•Le 12 décembre, visite commentée, projection du film d'Agnès Varda "Black Panthers" (1968), débat et cocktail, réservation obligatoire au 0155010486