Quand il signe en 1983 la donation de ses archives à l’État, Willy Ronis a derrière lui une œuvre célébrée à travers le monde et une bibliographie de nombreux titres. L'exposition exposition montée en 2018 au Carre de Baudouin réalise, près de dix ans après la mort du photographe, sa volonté d'une transmission conforme aux six albums par lui constitués, rassemblant les quelque 590 photographies qu'il estimait les meilleures. Sous le commissariat de Gérard Uféras l'un des quatre exécuteurs testamentaires et détenteurs du droit moral de Willy Ronis et de Jean-Claude Gautrand, historien, une scénographie invite au parcours d'un des maîtres de la photographie humaniste, de ses débuts à ses perpétuelles promenades à travers Paris et notamment Belleville-Ménilmontant, le quartier de sa jeunesse. L'évocation passe par les grandes heures ouvrières du Front populaire, on y découvre aussi, après la montée du grand escalier aux autoportraits, la merveilleuse collection des nus et la candeur des premières photos, concurrentes de la passion d'un adolescent pour le violon.
Hervé Le Goff

• Willy Ronis par Willy Ronis, Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant,
Paris 20e. Jusqu'au 29 septembre 2018, fermé le lundi