Depuis les empreintes de mains au parois des cavernes, l'homme n'a jamais cessé de s'intéresser à son corps ou si l'on préfère, à celui de ses semblables et sans doute est-ce une des origines de l'art, activité par nature gratuite et ludique. Au début de sa carrière d'artiste, Manon Genin a voulu explorer ou mieux, exploiter cette partie du corps nommée torse pour sa faculté de se tordre au gré de cette colonne vertébrale qui a su inspirer l'architecture baroque en ses colonnes torses, précisément. Pour son étude qui, malgré ces voiles pudiques fondus au noir, s'apparente au nu, Manon Genin a choisi deux jeunes modèles et recouru à l'éclairage dirigé capable de jouer sur la puissance des ossatures, sur blancheur de la peau, sur le galbe des chairs, sur la posture des corps. Uni dans sa tonalité claire-obscure, l'ensemble se développe en une double figure repliée sur elle-même, fragile et tourmentée, pour écrire en noir et blanc la chorégraphie muette d'une quête de soi.

Hervé Le Goff