Liu Bolin. Ghost Stories

Disparaître, fondre dans le décor, l'affaire n'est pas neuve : l'Homme invisible avait fait les beaux jours d'un feuilleton télévisé des années 1950 et les manipulations numériques s'en donnent aujourd'hui à cœur joie. Le tour de passe-passe, le Chinois Liu Bolin l'exécute par le seul concours d'un maquillage caméléon appliqué à sa personne par ses assistants devenus peintres, chargés de continuer sur son visage et sur son vêtement les lignes, les motifs, les couleurs de ce qui l'environne. Ainsi se dissout l'artiste dans l'appareil de brique de la muraille de Chine, dans le noir et l'or d'un massif d'héliotrope, dans les rayonnages d'un supermarché ou dans les plis d'un étendard. Liu Bolin est né en 1973 dans la province chinoise orientale de Shandong. Diplômé en 2001de l'école Beaux-Arts de Pékin, il voue son activité de sculpteur, performeur et photographe à sa démarche contestataire en trois thèmes majeurs : "Politique et censure", "Société de consommation" et "Informations, médias et liberté de la presse". À voir avant disparition.

Hervé Le Goff

Liu Bolin. Ghost Stories. Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, Paris 4e. Jusqu'au 29 octobre 2017