Paradoxalement, les mouvements en faveur de  l'émancipation féminine et les campagnes revendiquant  la parité sur les terrains du travail et du partage des responsabilités s'accompagnent d'une exigence implicite sur l'apparence des femmes, sur leur allure. Mes images expriment la volonté d'une autre libération qui, de la sphère sociale, se déplacerait dans l'enceinte plus intime de l'identité et dans celle, plus difficile, de l'affirmation de soi. La femme que je photographie veut simplement exister en tant qu'être humain, et non plus nécessairement comme objet désirable, comme le complément désigné d'un couple. Dans son enchaînement chorégraphique sur le fond noir d'une scène qui s'apparente à une solitude assumée, cette suite de postures la montre dans une lutte sans adversaire apparent, dans ses efforts pour briser le stéréotype, pour arracher une à une ses peaux artificielles, gaines, bas et autres collants depuis toujours imposées à sa féminité.

Jing Ge