Découvert par le public des Rencontres d'Arles en 2006, David Goldblatt, représente avec Roger Ballen et Guy Tillim la photographie d'Afrique du Sud en ce qu'elle a de plus profondément ancré dans l'Histoire récente. Né en 1930 à Randfontein dans la lointaine banlieue ouest de Johannesbourg, l'enfant grandit dans l'environnement de l'atelier de son père, tailleur, immigré juif lituanien, qui lui enseigne les valeurs de tolérance dans un pays régi par des lois raciales. Goldblatt qui s'initie à la photographie dès l'adolescence s'intéresse d'abord au travail dans les mines de Randfontein. Ce premier sujet sérieux commence en 1947 une œuvre dédiée à la réalité de l'Afrique du Sud, aux Blancs possédants Afrikaners comme aux Noirs exploités ou spoliés, pendant l'apartheid et après son abolition en 1991. En sept grandes sections, commentées en vidéo par Goldblatt lui-même, l'exposition invite à parcourir de l'intérieur la réalité changeante d'un pays et aussi le parcours d'un photographe qui a fait de son art l'instrument de ses convictions humaines et philosophiques.
Hervé Le Goff
•David Goldblatt. Centre Pompidou, Paris 4e, jusqu'au 13 mai 2008 •Toutes images . Courtesy David Goldblatt et Goodman Gallery Johannesburg et Cape Town